Publié le 01 Mar 2024

Chenille processionnaire : c’est le moment d’agir !

Insectes

Introduction

La chenille processionnaire, bien que souvent reléguée au rang de simple nuisance, représente en réalité une menace sanitaire sérieuse tant pour les humains que pour les animaux. Heureusement, des méthodes de lutte à la fois simples et efficaces existent pour contrôler ce fléau.

Qu’est-ce que la chenille processionnaire ?

La chenille processionnaire est la larve d’un papillon de nuit (Thaumetopoea). On distingue deux espèces principales en France :

  • La chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa), présente dans le sud et qui remonte progressivement vers le nord
  • La chenille processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea), répandue dans le centre et le nord de la France

Ces chenilles doivent leur nom à leur mode de déplacement caractéristique : elles se déplacent en file indienne, formant de longues processions pouvant
atteindre plusieurs mètres.

La menace sous-estimée : Description et risques

Ces parasites des conifères, issus de papillons de nuit, passent plusieurs mois à se nourrir des aiguilles de pin avant de descendre de leur arbre-hôte à la fin de l’hiver ou au début du printemps pour s’enterrer et entamer leur métamorphose.

C’est durant cette phase de déplacement en procession que la chenille devient particulièrement dangereuse.

Dotée de poils urticants, la chenille processionnaire est capable de les libérer dans l’air ou par contact, posant un risque d’exposition à la thaumatopéïne, une toxine provoquant diverses réactions allergiques.

 « Des symptômes cutanés sont les plus fréquemment décrits, correspondant à une urticaire de contact non immunologique (réactions urticariennes, érythème, plaques, prurit, etc.). Suite à un contact oculaire, des symptômes oculaires ont été décrits (conjonctivite, kératite, œdème des paupières, etc.). L’exposition par ingestion ou contact oral/buccal peut occasionner des symptômes digestifs ou de la sphère ORL (vomissements, dysphagie, etc.) tandis que l’inhalation de soies urticantes est susceptible d’engendrer des symptômes respiratoires (réaction asthmatiforme, toux, etc.). 

Les tableaux cliniques sont le plus souvent bénins mais des symptômes généraux graves peuvent néanmoins survenir (dysphagie, œdème de Quincke, réaction voire choc anaphylactique, etc.), ainsi que des symptômes invalidants nécessitant une consultation spécialisée urgente (lésion de la cornée en cas d’atteinte oculaire….). »

Cycle de vie de la chenille processionnaire

La compréhension du cycle de vie des chenilles processionnaires est cruciale pour anticiper et prévenir leur prolifération.

La femelle pond parfois plus d’une centaine d’œufs autour de deux aiguilles de pin recouverts de ses écailles.

Après leur éclosion au début de l’été, les chenilles tissent des nids soyeux en haut des pins (côté sud pour profiter des rayons du soleil) et y restent pendant l’automne et l’hiver.

C’est au printemps qu’elles descendent en longues processions pour s’enterrer et se transformer en papillons, complétant ainsi leur cycle.

Risque sanitaire

Les poils urticants des chenilles processionnaires sont de minuscules fléchettes chargées de venin. Au contact de la peau, des yeux, ou lorsqu’ils sont inhalés, ces poils peuvent causer des réactions allant de l’urticaire simple à des troubles plus graves tels que des réactions asthmatiformes ou même des réactions anaphylactiques.

Chez les animaux, l’ingestion des chenilles peut entraîner de graves complications, y compris la nécrose des tissus.

Il est vital d’être vigilant durant la saison de procession, en évitant les zones où les nids sont visibles et en informant les autorités locales de leur présence.

En cas de contact, il est recommandé de laver la zone avec de l’eau tiède et d’éviter de frotter, ce qui pourrait enfoncer les poils plus profondément dans la peau.

Lutte et méthodes de contrôle

Les chenilles processionnaires ne sont pas seulement un danger pour les humains et les animaux, mais elles affectent également les écosystèmes forestiers en défoliant les arbres et en perturbant la biodiversité.

Parmi les méthodes de lutte, les écopièges et les pièges à phéromones sont particulièrement efficaces :
Les écopièges, installés autour des troncs, interceptent les chenilles durant leur descente, tandis que les pièges à phéromones attirent et capturent les papillons mâles, prévenant ainsi la reproduction.

Pour ceux qui sont confrontés à des infestations, un plan d’action clair comprenant l’évaluation de la situation, la sélection et l’installation de pièges appropriés, et le suivi régulier est essentiel.

Le nid de chenilles processionnaires

Le nid de chenilles processionnaires est facilement identifiable : il s’agit d’un cocon blanc soyeux, de la taille d’un ballon de football, accroché
aux branches des pins ou des chênes. Ces nids servent d’abri hivernal aux colonies, qui peuvent compter plusieurs centaines d’individus.

Chenille processionnaire : quels dangers pour l’homme ?

Le danger de la chenille processionnaire vient de ses poils urticants. Chaque chenille possède environ 600 000 poils microscopiques contenant une
protéine toxique : la thaumétopoéine. Ces poils se détachent facilement et peuvent être transportés par le vent sur plusieurs dizaines de mètres.

Symptômes d’une piqûre de chenille processionnaire

Les symptômes d’une exposition aux poils de chenille processionnaire apparaissent généralement dans les heures suivant le contact :

Réactions cutanées (les plus fréquentes) :

  • Éruption cutanée avec démangeaisons intenses
  • Boutons de chenille processionnaire : plaques rouges, papules
  • Sensation de brûlure
  • Urticaire pouvant durer plusieurs jours Réactions oculaires :
  • Conjonctivite sévère
  • Rougeur, larmoiement
  • Risque de lésion de la cornée si non traitée Réactions respiratoires :
  • Difficultés à respirer
  • Toux, éternuements
  • Crise d’asthme chez les personnes sensibles Réactions allergiques graves :
  • Œdème de Quincke (gonflement du visage, des lèvres, de la gorge)
  • Choc anaphylactique (rare mais potentiellement mortel) Important : En cas de difficultés respiratoires ou de gonflement du visage, appelez immédiatement le 15 (SAMU).

Quand intervenir contre les chenilles processionnaires ?

Le cycle de vie de la chenille processionnaire s’étale sur une année complète. Voici les périodes clés pour agir :

PériodeStadeAction recommandée
Juin-aoûtPapillons, pontesPièges à phéromones
Septembre-novembreJeunes chenillesTraitement Bt
Décembre-févrierNids d’hiverInstallation écopièges
Mars-avrilProcessionsCapture, éviter les zones
Mai-juinNymphoseNettoyage des zones

Conclusion

Afin de lutter efficacement et à temps, il est indispensable d’agir tôt et détecter les signes de présence de chenilles comme la défoliation des pins ou la présence de cocons.

Tenter de régler le problème soi-même présenterait un risque important, il est donc indispensable de faire appel à un professionnel afin d’identifier la menace et proposer une solution appropriée.

Pour plus d’informations sur la lutte contre la chenille processionnaire et les mesures de prévention, nous vous invitons à consulter notre site web : www.techmohygiene.fr ou contactez nous.

Liens utiles ANSES et Ameli

FAQ sur les chenilles processionnaires

Quel est le danger des chenilles processionnaires ?

Le principal danger vient des poils urticants qui contiennent une toxine (thaumétopoéine). Le contact provoque des réactions cutanées, oculaires et
respiratoires. Chez les animaux domestiques (chien, chat), le contact buccal peut entraîner une nécrose de la langue potentiellement mortelle.

Comment reconnaître une piqûre de chenille processionnaire ?

Les « piqûres » de chenille processionnaire se manifestent par des éruptions cutanées avec démangeaisons intenses, des plaques rouges en relief (papules)
et une sensation de brûlure. Les symptômes peuvent durer plusieurs jours et s’aggraver si on se gratte.

Comment se débarrasser des chenilles processionnaires naturellement ?

Les méthodes naturelles incluent : l’installation de nichoirs à mésanges (prédateurs naturels), les écopièges autour des troncs, et le traitement au
Bacillus thuringiensis (bactérie naturelle). Ces méthodes sont efficaces mais nécessitent une mise en œuvre au bon moment du cycle.

Les chenilles processionnaires sont-elles mortelles pour les chiens ?

Oui, le contact buccal avec une chenille processionnaire peut être mortel pour un chien. La nécrose de la langue et les difficultés respiratoires
peuvent entraîner la mort si l’animal n’est pas pris en charge immédiatement par un vétérinaire.

Quand descendent les chenilles processionnaires ?

Les processions de descente ont lieu au printemps, généralement entre février et mai selon les régions et les conditions climatiques. C’est à ce moment
que les chenilles quittent leur nid pour s’enterrer et se transformer en chrysalide.

Peut-on toucher un nid de chenilles processionnaires ?

Non, il ne faut jamais toucher un nid de chenilles processionnaires, même vide. Les poils urticants restent actifs pendant plusieurs années.
L’échenillage doit être réalisé par un professionnel équipé d’une combinaison intégrale, d’un masque FFP3 et de lunettes de protection.

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